Se libérer des petites voix du passé pour diminuer son stress
Nous créons souvent notre stress quotidien à partir de nos petites voix du passé, issues d’injonctions ou d’expressions parentales. Leur but était de nous éduquer pour notre bien-être, mais elles constituaient cependant une menace affective : ne pas les respecter suscitait inconsciemment la crainte de ne pas être aimé. Ainsi, elles ont façonné notre personnalité bien malgré nous.
Chacun vit avec au moins un driver dominant — un slogan interne — qui nous fait adopter un type de comportement, aussi bien dans notre vie privée que professionnelle. Nous pensons alors être nous-mêmes dans nos relations aux autres. Pourtant, quel que soit ce driver dominant, nous avons tous, pour tenter de gagner l’estime de nos parents, adopté des comportements en fonction de leurs injonctions depuis notre tendre enfance : « Un garçon ne pleure pas ! », « Fais plaisir à ta mère », « Tu dois travailler davantage sinon tu seras chômeur »…
Chaque driver a ses avantages et ses inconvénients
Ces petites voix du passé agissent en nous comme des certitudes ou des croyances. Chaque driver, respecté à la lettre, nous fait adopter des comportements qui vont parfois à l’encontre de nos besoins fondamentaux et de notre personnalité profonde. Cela peut conduire à des tensions internes, car ces voix dictent nos attentes vis-à-vis des autres : frustrations, malentendus et incompréhensions peuvent alors naître en nous.
Selon les drivers qui agissent en nous, ces certitudes peuvent nous motiver à nous dépasser… ou nous en empêcher, comme une forme d’auto-sabotage. Heureusement, il existe un antidote à chacun d’eux, qui offre la possibilité d’augmenter l’estime de soi, d’être plus bienveillant avec soi-même et de mieux gérer les symptômes de stress.
Les 5 drivers
Selon le psychologue Taibi Kahler, qui a établi le concept de drivers issu de l’analyse transactionnelle, il en existe 5 :
- Sois parfait
- Fais plaisir
- Sois fort,
- Fais des efforts
- Dépêche-toi.
Nous avons tous un ou deux drivers dominants qui contrôlent notre vie.
Sois parfait
Les petites voix du passé du Sois parfait sont : « Tu dois être le premier de ta classe », « Recommence tant que ce n’est pas parfait »…
Le Sois parfait aime avoir le contrôle de tout et tend tous ses efforts vers l’absence d’erreurs. De ce fait, il a le goût du détail et en oublie parfois son objectif initial.
Au travail, un Sois parfait est efficace : méticuleux et précis, il mettra en évidence tout défaut ou toute non-conformité, et ne laissera jamais un travail inachevé. Il peut néanmoins être difficile à côtoyer, car il a tendance à se focaliser sur tout ce qui ne va pas et exige de l’autre l’impossible. Craignant de ne pas être assez précis ou d’être incompris, il peut aussi vous noyer dans un flot d’informations.
Pour se libérer : se donner le droit à l’erreur, et permettre à l’autre de se tromper aussi.
Sois fort
Les petites voix du passé du Sois fort sont : « Je ne veux pas te voir pleurer », « D’autres enfants sont plus malheureux que toi », « La vie est dure », « Moi, à ton âge, je travaillais déjà »…
Le Sois fort n’aime pas montrer ses faiblesses. Exigeant avec lui-même, il attend des autres qu’ils le soient aussi, et enfouit ses émotions.
Au travail, il est persévérant et maîtrise ses émotions. Il se montre en revanche peu tolérant face aux faiblesses et aux émotions des autres, et a des difficultés à déléguer, ce qui rend la coopération moins naturelle. En contrepartie, capable de faire face seul à des situations difficiles, il peut prendre en charge sans faillir des tâches supplémentaires : il a un fort sens du devoir.
Pour se libérer : accepter ses émotions et les vivre pleinement.
Fais plaisir
Les petites voix du passé du Fais plaisir sont : « Fais plaisir à ta mère », « Tu me fais de la peine », « Sois gentil, je suis fatigué »…
Le Fais plaisir cherche à rendre l’autre heureux et dépense pour cela beaucoup d’énergie. Anxieux de l’approbation d’autrui, il considère souvent que les autres sont plus importants que lui et ne s’affirme pas. Il a sans cesse besoin de leur estime, se montre susceptible et se sent facilement victime de son propre dévouement.
Au travail, il est toujours prêt à rendre service et agréable à vivre.
Pour se libérer : être à l’écoute de ses propres besoins — se faire plaisir à soi-même — et savoir dire non.
Fais des efforts
Les petites voix du passé du Fais des efforts sont : « On n’a rien sans rien », « Donne-toi un peu de mal », « Tu ne travailles pas assez »…
Il considère que l’on ne réussit rien sans efforts, quelle que soit la pénibilité de la tâche. Il tolère mal la paresse chez autrui et peut s’avérer souvent insatisfait dans ses relations.
Au travail, un Fais des efforts fait preuve de persévérance et de réflexion.
Pour se libérer : prendre conscience que la quantité ne signifie pas nécessairement la qualité.
Dépêche-toi
Les petites voix du passé du Dépêche-toi sont : « Arrête de traîner », « Tu vas nous mettre en retard ! »…
Seule compte l’action : il aime décider vite et tout de suite, ce qui le rend impatient, parfois stressé et de mauvaise humeur.
Au travail, il peut manquer de précision et se montrer irréaliste dans son organisation.
Pour se libérer : apprendre à prendre son temps.
Prendre conscience de son driver dominant
En identifiant son ou ses drivers dominants, on peut améliorer sa communication et son comportement vis-à-vis de son entourage, et se libérer d’un carcan.
La première étape consiste à prendre conscience de son driver dominant, par exemple à l’aide d’un test dédié. En prêtant ensuite attention aux comportements que nous avons mis en place pour respecter ce slogan interne, nous nous octroyons progressivement des permissions pour le contrer. Nous parvenons ainsi, pas à pas, à être plus nous-mêmes et à diminuer notre stress — car tous les drivers sont excessifs et excitants, et nous coupent de tout raisonnement, comme si nous étions en mode automatique.
La sophrologie et l’hypnose ne se substituent en aucun cas au traitement prescrit par le médecin ou à un suivi par un psychologue ou psychiatre.
